Préparer son budget et ses projets dans le BTP en 2026 : stratégies d’achats et d’investissement
Publié le 09 février 2026 à 14h00, mis à jour le 09 février 2026 à 17h08, par Camille Decambu

Trois versions de budget pour se préparer à tout scénario
Selon les études et prévisions de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) ainsi que de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), l'année 2026 serait marquée par un recul de l'activité dans le secteur du BTP et des travaux publics. Pour autant, certains signes, comme l’augmentation des permis de construire et des permis de mise en chantier délivrés, permettent d’envisager l’avenir d’une manière plus optimiste.
Dans ce contexte incertain, il est primordial d’envisager toutes les possibilités lorsqu’il s’agit d'établir son budget. Trop souvent, les entreprises raisonnent uniquement par rapport aux chiffres de l'année écoulée. Alors qu’une projection multi-scénarios - pessimiste, réaliste et optimiste - permet une meilleure anticipation et une adaptation plus rapide et juste si des changements ou des bouleversements viendraient à avoir lieu en cours d’exercice.
Cette optique permet de prévoir tous les scénarios. En cas de croissance rapide ou de chantiers nombreux, dois-je prévoir un budget pour la sous-traitance ? Quelles économies dois-je faire si mon activité baisse en volume de 4 % ?
Prévoir ces trois hypothèses permet d'appréhender les facteurs extérieurs avec plus de justesse, de confronter ses budgets prévisionnels aux données réelles tous les deux à trois mois, et donc in fine, de prendre des décisions plus rapidement et de pouvoir passer d’un scénario à l’autre avec plus de souplesse.
Anticiper les changements liés à la loi budget 2026
Dans un contexte de finances publiques sous tension, le projet de budget 2026 du nouveau gouvernement Lecornu doit permettre à l’Etat de récupérer plus de 40 milliards d’euros d’économies. Certaines de ces mesures auront un impact direct sur le budget des entreprises du BTP.
Le flou autour de l’abaissement du seuil de franchise de la TVA
Le projet de budget prévoyait d'abaisser le seuil de franchise de TVA à 37 500 € (et 25 000 € pour le bâtiment). Cette mesure devait permettre de protéger les artisans et les petites entreprises face aux micro-entreprises. En effet, des centaines de milliers de micro-entrepreneurs deviendraient ainsi assujettis à la TVA, modifiant en profondeur leur modèle économique.
Si le gouvernement a suspendu récemment cette nouvelle franchise unique de TVA pour les petits entrepreneurs, la mesure reste pour le moment inscrite dans la loi. Ce flou juridique devrait bientôt être régulé.
Hausse de la contribution patronale sur les ruptures conventionnelles
Une augmentation de la contribution patronale due au salarié lors d’une rupture conventionnelle est prévue dans le budget 2026. Afin d’encourager les entreprises à privilégier la mobilité interne, cette contribution pourrait passer de 30 à 35 %.
Une nouvelle contribution sur les avantages sociaux
Le budget 2026 prévoit la création d’une contribution patronale - via une cotisation forfaitaire estimée entre 3 et 5 % - sur les avantages sociaux tels que titres-restaurant, chèques-cadeaux ou chèques-vacances.
Fin des avantages pour le gazole non-routier ?
Le gazole non-routier (GNR), énormément utilisé dans le BTP, verrait ses avantages fiscaux progressivement réduits afin d’encourager l'électrification de la flotte des véhicules.
Anticiper la hausse du prix des matières premières
Depuis 2021 et la crise du Covid-19, les prix des matières premières ont explosé. Si aujourd’hui les prix sont relativement stables, ils restent bien supérieurs aux années précédentes, et la hausse devrait se poursuivre au cours des prochaines années pour diverses raisons résumées dans le tableau ci-dessous.
Évolution des prix des matières premières prévues entre 2025 et 2030.
| Matière première | Évolution prévue entre 2025 et 2030 | Facteurs explicatifs |
| Acier | + 10 à 20 % | Hausse des coûts de l'énergie |
| Béton bas carbone | + 15 à 25 % | Nouvelles réglementations environnementales |
| Bois | + 5 à 15 % | Augmentation de la demande |
| Verre | + 10 % | Coût de production |
| Isolant biosourcé | + 20 à 30 % | Hausse de la demande et des coûts de production |
| Plastique / PVC | + 10 à 20 % | Restriction pour privilégier l'utilisation de produit plus vert |
Face à ces fluctuations, il est conseillé :
- de comparer les historiques de prix et les prévisions des fournisseurs,
- d’envisager des contrats d’approvisionnement à long terme pour sécuriser les tarifs,
- de diversifier ses sources pour éviter la dépendance à un unique fournisseur,
- de passer des achats groupés pour bénéficier des meilleurs prix possibles.
Définir clairement les besoins et prioriser les investissements
L’un des principaux leviers d’optimisation budgétaire réside dans la priorisation. Tous les projets et investissements ne présentent pas le même niveau d’urgence ni le même retour sur investissement (ROI).
Classer les projets selon leur niveau de rentabilité
Pour chaque projet prévu en 2026, il est pertinent d’évaluer :
- Le coût global estimé
- Le potentiel de revenus
- Les économies générées (temps, énergie, maintenance…)
- Les risques associés
En classant les projets selon leur ROI, il devient plus facile d’allouer le budget là où il sera réellement utile.
Différencier besoins immédiats et investissements stratégiques
Certains achats sont indispensables à court terme (outils, consommables, petites machines), tandis que d’autres s’inscrivent dans des perspectives plus longues comme la digitalisation du parc matériel, l’acquisition d’engins moins énergivores, l’automatisation de certains processus. Mettre en place cette distinction permet d’éviter les dépenses impulsives et de construire un budget cohérent.
Investir dans la digitalisation : un levier majeur de performance pour 2026
La transformation numérique s’accélère dans le BTP. En 2026, les entreprises ayant intégré les outils digitaux auront un avantage concurrentiel non-négligeable. Investissez dans des logiciels de planification et de suivi ainsi que dans le BIM (Building Information Modeling) pour améliorer la gestion des projets.
Ces outils apportent une vision globale du chantier et évitent les surcoûts liés à une mauvaise organisation.
Par Alexandre Masson
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