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Début 2022, l’incertitude plane encore sur l’activité des matériaux de construction

2022 commence bien pour les matériaux de construction. C’est ce que constate la conjoncture Unicem, qui enregistre une hausse de 9 % de l’activité par rapport à 2020, et d’1,3 % par rapport à 2019. Toutefois, cette dynamique pourrait bien être freinée par le conflit russo-ukrainien.
Publié le 22 mars 2022

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Début 2022, l’incertitude plane encore sur l’activité des matériaux de construction - Batiweb

Mi-février, l’Union Nationale des Industries de Carrières et Matériaux de Construction (Unicem) signalait un retour de l’activité aux niveaux d’avant-crise. Dans les chiffres-clés cités, on relève notamment +9 % par rapport à 2020, +1,3 % par rapport à 2019.

Malgré un retour à la normale qui commençait à revenir, celui-ci pourrait être mis en péril par « les stigmates de la pandémie du Covid-19 » persistants, mais aussi le « récent déclenchement de la guerre en Ukraine ».  

De quoi inquiéter des organisations professionnelles, comme la FFB, la FNTP, mais aussi l’Unicem. « En effet, compte tenu du contexte géopolitique actuel, un choc d’offre énergétique (comparable au choc pétrolier du début des années 70) n’est pas exclu... avec les conséquences que l’on connaît sur l’inflation et la croissance », commente l’union.

Un mois de janvier à l’abri des balles

 

Les tensions géopolitiques actuelles ne semblent toutefois pas avoir touché l’activité des matériaux au mois janvier. Selon les premières estimations de l’Unicem, après  8,9 % en 2021 (soit +1,3% par rapport 2019) et un léger repli au quatrième trimestre dernier (-1,1% sur un an), l’activité des matériaux enregistre une hausse de 2,5 % sur un an en janvier 2022. 

Dans le détail, on note un rebond de 6,7 % dans la production de granulats par rapport à décembre. Elle dépasse légèrement les niveaux de janvier 2021 (+0,8 %), avec +9,3 % en cumul sur les douze mois. La production reste cependant inférieure d'1,6 % par rapport aux performances d’avant-crise. Cumulée sur les trois derniers mois, l’activité granulats augmente de 2,1 % par rapport au trimestre précédent, mais recule de 2,3 %, comparé à la même période un an auparavant. 

Même constat du côté du BPE, dont l’activité gagne 2,4 % sur le trimestre novembre-janvier, comparé à celle d’août-octobre. Toutefois, elle enregistre -1,8 % face à la même période un an plus tôt. Il n’empêche que la production de BPE en janvier dernier reste au beau fixe, avec +10,4 % sur le cumul des douze mois, « ce qui ramène les cubages à leur niveau de 2019 (-0,2 %) », précise l’Unicem. Autre signe que le BPE retrouve des couleurs ce mois de janvier : des livraisons « sensiblement raffermies », entre +8,5 %  de décembre à janvier, et +2 % en comparaison avec janvier 2021 (CVS-CJO).

Tendance baissière en maison individuelle…

 

Le moral des entreprises du gros-œuvre semble toujours s’améliorer également, l’INSEE relevant que la hausse des carnets de commande se poursuit avec 9,7 mois de travaux. Soit plus que les 9,4 mois de travaux observés en janvier, et les 6,3 mois en moyenne sur longue période.

Cependant, « 61,5 % d’entre elles déclarent être dans l’incapacité de produire plus, soit un niveau historiquement élevé et près de deux fois supérieur à une situation moyenne constatée sur le passé (33,5 %) », nuance l’Unicem. À cela s’ajoute des tensions persistantes dans le recrutement et l’approvisionnement. Ce dernier phénomène n’a d’ailleurs pas laissé d’autre choix aux professionnels que d’augmenter leurs prix selon l’INSEE. 

Pour l’heure, les derniers index de la profession remontent à novembre dernier, et indiquent sur l’année une inflation de l’indice du bâtiment de 4,5 %, celui des travaux publics de 8,5 %, et des granulats de 9 %. « Et ces progressions sont appelées à s’accélérer avec l’arrivée du conflit russo-ukrainien qui menace plus encore l’équilibre des approvisionnements énergétiques en Europe », craint l’Unicem. 

Situation qui devrait mettre en péril la construction neuve, dont le nombre de permis de construire avait pourtant augmenté de 3 % de 2019 à 2021. Une dynamique portée par le logement individuel, bien que les ventes sur le secteur enregistrent une chute de 26,8 % sur un an, selon le dernier bulletin publié par Markemétron en janvier. 

Parmi les facteurs en cause cités par l’Unicem et d’autres professionnels, on relève un cumul de la RE2020, la lutte contre l’artificialisation des sols, mais aussi la hausse des prix ravivée par les pénuries et le conflit en Ukraine. Inflation sur le neuf confirmée en 2021 par une enquête de l’NSEE, aussi bien du côté des maisons individuelles (+13,1 %) que des appartements (+4,7 % ).

Les travaux publics commencent l’année en meilleure forme. Après une tendance baissière en 2021, une petite progression des travaux réalisés en début d’année (+3,4 % sur un an, CVS-CJO) est effectivement remarquée. Il en va de même pour les carnets de commandes qui renouent avec les niveaux de 2021, après un recul imputé aux périodes électorales et à la pandémie, ayant plombé la commande publique. 

Surprenant quand on sait que les trésoreries des collectivités locales se portent très bien (+12,6 % entre 2020 et 2021), culminant les 76 milliards d’euros de dépôt, « soit deux fois plus qu’en 2010 », compare l’Unicem. D’où l’intérêt de la FNTP à appeler en février à la relance de la commande publique. Reste à savoir si le climat d’incertitude et d’inflation lié au conflit russo-ukrainien viendra enrayer la machine, ou non.

 

Virginie Kroun
Photo de Une : Adobe Stock
 

Par Virginie Kroun

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