Conflit au Moyen-Orient : le bâtiment appelle à la responsabilité !
Publié le 25 mars 2026 à 14h45, mis à jour le 25 mars 2026 à 16h24, par Virginie Kroun

Le conflit au Moyen-Orient se fait de plus en plus sentir dans le bâtiment… Car depuis la fermeture du détroit d’Ormuz en Iran, le coût du pétrole fait yoyo. Le baril de brent dernièrement à 99,12 dollars ce mercredi 25 mars, en début d’après-midi.
De quoi impacter le prix du gazole, essentiel pour le roulement des carrières et de outils de production de matériaux, comme le rappelle l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem).
« La situation actuelle n’est pas celle de 2022-2023 », mais quand même...
Des impacts sur le prix des matériaux ont déjà été observés, comme le PVC. Ce mercredi, la Fédération française des industriels de la préfabrication Béton (FIB) déplore « une hausse inévitable » des coûts à l’achat de ciment, d’acier ou de carburant. Une tendance pouvant impacter « le coût global des ouvrages » et entraîner « le report de certains projets de construction à une date ultérieure, dans un contexte déjà incertain pour l'ensemble du secteur ».
« Alors que l'année 2026 se profilait dans une perspective plus favorable pour notre secteur, le contexte de la crise internationale génère de grandes inquiétudes chez nos entreprises adhérentes qui voient aujourd'hui leurs espérances de reprise s'éloigner», craint Jacques Plattard, président de la FIB.
« Depuis plusieurs jours, les artisans et entrepreneurs du bâtiment reçoivent des avertissements de hausse de prix des matériaux. L’INSEE révise des prévisions de croissance en légère baisse », indique la Fédération française du bâtiment (FFB). « Pour autant, la situation actuelle n’est pas celle de 2022-2023 et le secteur ne connait pas de pénurie de matériaux. »
Cela n’empêche pas des hausses préventives de prix de vente des matériaux, s'étonne la fédération. Certes quelques produits se trouvent frappés par l’inflation « mais de manière limitée et avec des évolutions progressives », appuie-t-elle.
Un maître-mot : responsabilité
Du côté de l’artisanat du bâtiment, l’inquiétude plane. « Nous devons agir collectivement avec la plus grande vigilance pour éviter que cette crise ne fragilise davantage les petites entreprises du bâtiment. J’en appelle à la responsabilité de tous : après deux ans de crise, nos entreprises ne se relèveraient pas d’une nouvelle inflation des prix des matériaux », déclare Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB).
Responsabilité qu’invoque également Olivier Salleron, président de la FFB : « Nous demandons également au gouvernement de prendre officiellement position en faveur de marchés publics et privés signés à prix révisables, seule façon de se couvrir avec justesse contre des évolutions de coût difficiles à prévoir. Alors que le secteur amorce une reprise, il est du devoir de tous de ne pas casser cette dynamique. »
L’observatoire des prix de la CAPEB réactivé
La CAPEB comme la FFB encouragent une surveillance des prix. La Confédération a d’ailleurs redéployé son Observatoire des prix « avec l’ensemble de son réseau départemental, notamment via une enquête diligentée et des réunions de crise avec les élus sur le terrain ». Dispositif qui remonte aux tensions inflationnistes en 2022, sur fond de guerre en Ukraine.
D’ailleurs, la CAPEB réclame la réactivation du comité de crise interministériel mobilisé à cette période, afin d’accentuer le suivi dans l’évolution des prix. La FFB, elle, demande de nouveau la création d’un observatoire public d’établissement du prix des matériaux de bâtiment. « Il permettrait de prolonger ce qui se pratique pour certains marchés du BTP, avec des révisions de prix calées sur les index BTP calculées par l’INSEE», justifie l’organisation.
Que le bâtiment et les autres secteurs bénéficient des mêmes aides !
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu demande à ses ministres des propositions pour les gros rouleurs, la FFB demande un traitement égalitaire entre bâtiments et autres secteurs.
« Concernant les hausses des prix du pétrole, qui se répercutent déjà à la pompe, un accompagnement de l’État est indispensable pour permettre aux entreprises d’absorber l’augmentation du GNR et continuer à travailler dans de bonnes conditions », abonde la CAPEB.
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